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Jacques MORGANTINI

Jacques MORGANTINI : QUI EST CE?
Par Bruno PFEIFFER (membre l’Académie du Jazz)

morgantini02A partir de 1945, le gratin du blues américain passe par la région Midi-Pyrénées grâce à Jacques Morgantini, bras droit d’Hughes Panassié, fondateur et figure du Hot Club de France.

morg01Photo : Avec John Lee Hooker

Ce fils d’un ingénieur du son, fonde en 1945 la section de Pau du Hot Club, la structure associative qui lui permettra d’organiser des concerts de Blues. De Muddy Waters à John Lee Hooker en passant par T-Bone Walker ou Buddy Guy, des dizaines de bluesmen lui doivent la notoriété, et surtout des archives sur eux-mêmes… lesquelles n’existent même pas aux USA! Sans compter des heures d’enregistrements uniques. Comment ne pas vibrer en entendant Sister Rosetta Tharpe hurler Let’s Shine! Ne pas s’émerveiller de Luther Allison qui soulève le public de Pau en 1977, sur Sweet Home Chicago! De Memphis Slim! De Wilie Mabon! De Big Joe Williams! De Koko Taylor, enfin, en 1973, dont la véhémence naturelle explose! Dans le DVD Mémoire de Blues, Morgantini évoque les prestations historiques de Toulouse à Biarritz… Et leur passage dans le studio de sa maison de Gan (Pyrénées atlantiques). L’on ressort éberlué des quatre heures passionnantes du documentaire réalisé par Jacques Gasser : jamais autant d’inédits de géants du blues n’ont été concentrés dans une sortie récente. Ni autant de propos aussi affectueux, aussi pertinents, aussi exclusifs sur la musique du diable, qui a marqué le siècle

morg02Avec Big Bill Broonzy en 1951, à Gan

Pour celui qui a ouvert à la fois les yeux et le coffre aux merveilles à des milliers de gens (pendant mon adolescence, je découvrais ses commentaires extasiés au dos des vinyles de blues), «le blues signifie exprimer en chansons les émotions que suscite la vie quotidienne». Et non un bêlant : ça -veut-dire-que-je-t’ai-ai-ai-me! Il cite Kokomo Arnold, qui rapporte les dégâts sur les cultures du charançon (Bo Weavil), chanson pour laquelle le label qui enregistra le 78 Tours (et 5 autres : 12 titres en tout), rémunéra l’artiste d’une bouteille de whisky! Ou Kokomo relatant la chute de sa mule (Me mule laid down and died). Le chanteur ne pleurniche pas. Le bluesman expose. Dignement. Le blues a trait au fleuve, à une guitare, à un arbre. Pour le griot du Hot Club de Pau, «le blues c’est la dignité». Il formule un touchant constat : «on est gagné par une impression de commencement du monde». En 1951, Morgantini invite Big Bill Broonzy en France. Big Bill séjournera 8 jours à Pau (41 personnes dans la salle au concert!). Ample moisson de récits. Morgantini apprend de la bouche de Muddy Waters que c’est Big Bill qui l’a attiré à Chicago. Puis il met en place les tournées du Chicago Blues Festival, gérées par Jean-Marie Monestier. Jacques et son épouse Marcelle enregistrent les monstres sacrés chez eux. Ou pendant les concerts de Pau, Bayonne, Biarritz, Bordeaux, Orange, Nice. Ainsi de John Lee Hooker dans la maison de Gan (France), dont le son deviendra le vinyle Get Back Home (Morgantini : « A ma grande surprise, John Lee me demandera une simple planchette de bois. Il tape dessus de la semelle : celle-ci fera office de batterie!)

morg03Avec T-Bone Walker

Il lance la collection Black and White, réédite la Bluebird Anthology, en partant de ses exemplaires 78 tours. Se retrouve à l’origine de centaines de disques en CD (EPM, Frémeaux et Associés). Marcelle décide alors de se rendre à Chicago dans les quartiers noirs de Chicago (South side,West side) avec son fils Luc, afin d’enregistrer le blues électrique au coeur même de son origine. Sur place, à Chicago, ils tombent sur les futurs boss du blues Jimmy Dawkins, les frères Myers, Homesick James, Freddy Below, Big Voice Odom, Magic Slim, Jimmy Johnson, Bobby King. Leur travail les rendra célèbres. C’est de cette manne que naquit le label MCM (17 vinyles de légende).

Actuellement, à 94 ans, Jacques Morgantini continue d’enregistrer les bluesmen dans sa maison, organise des concerts, continue les piges de critique musical, anime des émissions de radio, organise des stages, donne des conférences. En 2017, un Keeping the Blues Alive Award, décerné par la Blues Fondation de Memphis, honore le passeur pour l’ensemble de son oeuvre. Jacques Morgantini entre vivant dans l’épopée qu’il a contribué à forger : la légende du blues.

03/03/2018 – Jean Paul AMOUROUX aux Rencontres Pau Jazz

Jean Paul AMOUROUX présenté par Jacques MORGANTINI

morgantini02On ne présente plus Jacques Morgantini, ce nonagenaire palois qui depuis que vous êtes tout petit explique le blues et est « responsable » des prestations en France des plus grands bluesmen.
Nous aurons le privilège  de l’ecouter pour nous raconter l’histoire du blues et du boogie pour laisser place ensuite à Jean Paul Amouroux au piano accompagné de son batteur.
Jean Paul AMOUROUX
Il arrive directement du Caveau de la Huchette

amouroux01Ce n’est pas vraiment un hasard si Memphis Slim surnommait JP Amouroux « Boogie Woogie Slim« . Sans nul doute l’un des plus grands swingmen français.
Jean-Paul Amouroux fait partie du cercle restreint des pianistes de boogie woogie, jazz endiablé auquel il se voue depuis qu’il l’a découvert dans l’adolescence.
Il a onze ans lorsqu’à l’occasion d’études musicales, il découvre Paris, où il s’installe dès 1966.
Il a eu la chance, d’enregistrer avec des Noirs américains qui ont inventé le Boogie » » : Milt Buckner, Memphis Slim.

Jean-Paul Amouroux nous explique le BOOGIE-WOOGIE :
Le boogie est une façon de jouer le blues au piano. C’est le premier style de jazz, né avant le ragtime, très africain d’esprit. La main gauche créé un roulement obsédant et répétitif. La droite des «  »riffs » », courtes phrases destinées à faire monter la tension. La main droite joue dans l’ignorance feinte de la gauche. » »

Cette musique prend le public et entraîne les danseurs. Et Jean-Paul Amouroux adore cela!

04/01/2018 – BAD NEW

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C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition prématurée de notre ami Denis THIERION, fidèle contrebassiste du Thomas SCHIRMANN trio.
Beaucoup d’entre nous avaient pu l’apprécier lors des Rencontres PAU JAZZ, notamment dans  » Nigerian marketplace » le 23/09/2017.

Denis dans « Nigeran Marketplace »
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Emporté par une maladie foudroyante Il sera inhumé le 06/01/18 dans son village des Varennes, près de Toulouse .

Pau Jazz s’associe à la douleur de ses proches et à la tristesse du fameux Trio .

Repose toi bien Denis et surveille nous

16/12/2017 – CACHUMBAMBE – Aux Rencontres PAU JAZZ

 CACHUMBAMBE, Bruno MARTIN Quintet
  LATIN JAZZ

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Excellente prestation samedi 16/12/2017 de la formation Latin Jazz, dirigée de main de maître par le contrebassiste Bruno Martin, avec:
– Bruno MARTIN (Baby Bass)
– Thibaud DUFOY (Piano)
– Jean Marc PIERNA (Percussions)
– Jesus ALARCON (Timbales)
– Luis Daniel OLIVERO (Sa x – flûte)

Le public nombreux rapidement conquis a pu découvrir un jeune virtuose du piano, le toulousain Thibaud DUFOY.
Une rythmique sans faille assurée par Jean Marc PIERNA aux congas et le mexicain Jesus ALARCON aux timbales assurait les solos et improvisations du cubain Luis Daniel OLIVERO à la flûte, le tout magnifiquement orchestré par le contrebassiste Bruno MARTIN.
Une soirée mémorable dans un contexte très particulier de concert intimiste qui n’a pas d’égal où le public mais aussi les musiciens apprécient énormément.
On reviendra, c’est sûr.


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