La lettre de Maître Jacques

BLUES WORDS   –   PAROLES DE BLUES

Que peuvent bien raconter les Bluesmen dans leurs morceaux ?

morgantini02Bien sûr, en premier, ce qu’ils ressentent, ce qui les émeut, ce qui les révolte, ce qui les touche :
l’amour, le jeu, l’alcool, l’injustice du racisme, la guerre, la prison, la malchance….et aussi ce qu’ilks observent autour d’eux, ce qui fait rire, mais aussi pleurer !

Pour exprimer cela, utilisation fréquente du « SLANG », l’argot des noirs US, qui est le moyen idéal pour communiquer avec les « frères », sans être compris par le monde blanc !
Moyen de défense des opprimés : un langage codé, l’argot !
Le blues est un témoignage, un défouloir parfois, mais aussi une musique de résistance !
Il reflète chez les meilleurs artistes, ce qu’il y a de plus profond, de plus secret en eux !

Les thèmes développés dans les blues ont évidemment changés depuis les années 20  ne serait-ce qu’avec les conditions de vie et l’évolution de la société !

Ce fût en premier le BLUES RURAL qui s’adressait à la population des campagnes du sud, et qui évoquait leurs problèmes : mauvaises récoltes, famines, inondations, tornades, la vie difficile, et le « contact » avec l’homme blanc, toujours le Maître !

Puis ce fût, à partir du milieu des années 30, le BLUES DE LA VILLE avec les relations homme-femme, l’amour souvent malheureux, l’alcool, la prison, le jeu, les dettes,…

Il y a aussi des blues HUMORISTIQUES, plein de cocasseries. Humour qui permet de désamorcer les situations gênantes ou douloureuses.

Certains compositeurs-chanteurs n’ont pas hésités à mettre sur la table, l’infâme ségrégation, le racisme dans des blues « PROTESTATAIRES » ! Certains artistes sont justement renommés pour ce genre d’exercice !

Pour cela et d’autres sujets, il y a un moyen très pratique, le « DOUBLE-TALK », le double langage : phrases lisses en apparence pour la censure et le monde blanc, mais les noirs qui possèdent le « code » savent déchiffrer le sens caché, souvent très grivois, disons leste, mais cela est fait avec naturel, et parfois même presque poétiquement !
Il y a une foultitude de métaphores, d’images astucieuses pour décrire les parties intimes, disons « coquines » de la femme et de l’homme, ainsi que les diverses manières de « s’envoyer en l’air ».
Mais, encore une fois, tout cela est fait avec humour, spontanéité et reste « bon enfant » !

Certains blues ont eu, un énorme succès et sont devenus des « classiques » souvent repris par les uns ou les autres, on pioche dans ce réservoir alimenté régulièrement ! Nous  en donnerons quelques exemples fameux, c’est le pot commun, le trésor de guerre des artistes de blues.

Le bluesman se confie, se livre à ses auditeurs qui connaissent les mêmes désirs, les mêmes problèmes que lui ! D’où la complicité étroite entre l’artiste et son auditoire !

Jacques MORGANTINI


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